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aymane au hublot

Aymane est guéri: retour vers Casablanca!

30/01/2015

On s'émerveille devant les montagnes.

 

 

Par Fred, accompagnateur bénévole d'Aviation Sans Frontières :

« Pour mon tout premier accompagnement d’enfant, je retrouve le petit Aymane pour retrouver sa famille à Casablanca. Ce petit bonhomme, de seulement trois ans et demi, est une vraie pile électrique et n’a décidément pas peur du contact avec les inconnus !

Même s’il ne parle pas encore, malgré son âge, nous pouvons tout de même communiquer avec des gestes simples. J’ai d’ailleurs dû m’y habituer rapidement : il faut vite aller aux toilettes ! Première surprise, Aymane porte des couches. Après cette courte étape, nous nous rendons donc à l’infirmerie qui s’occupe de lui à merveille et me donne même une couche de rechange supplémentaire. La prochaine fois je n’oublierais pas de regarder dans son sac, tout était là…

On se dirige maintenant vers la salle d’embarquement. Pendant que je m’occupe des formalités avec la police, Aymane, toujours aussi actif, se lie d’amitié avec des collégiennes anglaises et leur tape dans la main, comme le font les « grands ». Il charmera ensuite les vendeuses d’une chocolaterie et on lui offre des échantillons.

Puis vient le moment de la salle d’attente. Comment l’occuper, lui qui déborde d’énergie ? Heureusement, l’endroit est vaste, avec peu de monde, ce qui lui permet de jouer avec la petite voiture que j’avais prévu.

 

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aymane

J’en profite pour demander de nous placer à l’arrière de la cabine : par pur hasard, les 5 derniers rangs sont libres et permettent à Aymane de s’exprimer pleinement. Une fois dans l’avion, je présente Aymane à la chef de cabine, évidemment charmée par ce bambin. Et elle n’est pas la seule : Isabelle, une lutteuse de l’équipe olympique du Sénégal, s’assoie à nos côtés. Quelle chance de l’avoir avec nous ! La suite du vol confirmera son statut d’ange tombé du ciel.

Pour le décollage, il faut forcer Aymane à mettre sa ceinture. Il se tortille, veut passer dessous, se met presque à bouder… Mais dès l’extinction du signal, c’est la délivrance ! Il escalade les sièges et appuie sur tous les boutons. Il est clair qu’il n’a pas sommeil et il reste 2h30 de vol. Et ça continue : les allers-retours dans le couloir, monter sur les genoux des passagers… C’est épuisant mais tellement beau de le voir plein de vie !

Isabelle, qui vit en famille avec neveux et nièces, prend le relai. Elle le change, le fait manger, le surveille. Ce vol aurait pu être bien différent mais avec de la place au fond de la cabine et un ange gardien, que demander de plus…

Ce n’est qu’au moment de la descente vers Casablanca qu’Aymane revient dans mes bras. Il s’émerveille devant les lumières des villes avant de s’endormir profondément. Le débarquement nous donne l’occasion de remercier chaleureusement l’équipage et Isabelle qui, malheureusement, est en transit pour Dakar et doit donc nous quitter.

Je passe la douane pour régler les formalités puis j’installe Aymane dans la couchette que j’ai pu aménager sur le chariot à bagages. Les retrouvailles sont proches mais Aymane dort toujours aussi profondément. Après une petite erreur de communication (nous étions porte 1 alors que sa famille nous attendais porte 2), Aymane se réveille doucement pour découvrir le sourire de ses parents, plein de joie et de tendresse. C’est la fin de 3 mois de séparation.»